Luis Ocaña, le soleil foudroyé

L’AES a reçu un nouvel ouvrage. Paru dans la collection « Blanche » des éditions Gallimard et préfacé par Éric Fottorino, La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté est un long poème de Christian Laborde, écrivain occitan et fin connaisseur du cyclisme. En cinquante-six pages, il revient sur l’un des épisodes les plus tragiques du Tour de France, la chute de Luis Ocaña, maillot jaune et probable vainqueur de l’épreuve, sous l’orage du 12 juillet 1971.

Christian Laborde ne propose ni une biographie conventionnelle ni le compte rendu d’une étape. Il compose un chant épique et lyrique dans lequel Ocaña devient un héros foudroyé au moment même où il semblait pouvoir renverser Eddy Merckx. La première qualité du livre tient à sa langue, ardente, imagée et musicale, dont le rythme restitue aussi l’élan de la course que la violence de la chute. L’effacement de la ponctuation donne au texte la force d’une parole destinée à être dite à voix haute. La montagne, le soleil et l’orage prennent alors une dimension presque mythologique.

En faisant entrer un épisode du Tour dans la poésie, Christian Laborde rappelle que le sport est aussi une matière littéraire, un réservoir de mythes et une forme de mémoire collective.

 

D'autres articles peuvent vous intéresser