Hans Maarten van den Brink propose un roman intitulé « Sur l’eau », un titre concis, évocateur et mémorable. Publié en 2000 chez Gallimard dans la collection Folio, ce livre a été reconnu au niveau international.
Banlieue d’Amsterdam, été 1939. Sur la rivière Amstel, deux garçons s’entraînent à l’aviron, partageant cette passion avec une grâce manifeste, mais aussi en vue de parfaire leur pratique. L’un l’autre vont se dépasser dans une discipline sportive où la synchronisation des mouvements demeure essentielle afin d’engendrer une propulsion maximale. D’ailleurs, le saviez-vous ? Le « swing » est la sensation d’avoir trouvé la juste synchronisation.
Comment ne pas approuver les mots de l’auteur dans cette phrase pertinente et solaire : « La rivière m’a fait découvrir le mouvement et m’a appris que le mouvement est vie. » Qui est le meilleur rameur ? Quelle définition peut-on donner de lui, si ce n’est celle du romancier qui écrit avec ses tripes, au moyen d’un lexique approprié : « … je ne comprenais pas que le meilleur rameur est justement celui qui domine tout et ne sent pas le travail comme tel mais comme une confirmation de ses moyens. »
N’y a-t-il pas parmi ces mots une personnification suscitant un écho chez le lecteur ? « Sans nous, le bateau n’était peut-être pas un être vivant, mais dès que nous en prenions possession, l’engin manifestait bel et bien une volonté propre. » Exigence d’une pratique. L’aviron requiert une discipline de tous les instants : « L’exercice n’est fini que lorsque le bateau est essuyé et rangé. » Par la douceur de ses termes, l’auteur crée une connexion profonde avec le lecteur : « L’eau s’était révélée une amie. » La nature, soutien imperceptible, joue un rôle dans l’entraînement : « Pendant ce genre d’entraînement, le paysage qui bordait la rivière participait au travail. » Faire de l’aviron ou se découvrir des capacités inexploitées. Apprendre à s’accrocher, à tenir bon : « La décontraction passive n’existait pas … Le corps, comme l’esprit, se remet des fatigues d’un mouvement en faisant un autre mouvement… »
Ce roman, écrit avec une plume fluide et poétique, est un hymne au sport, à l’effort sportif, au bonheur d’être sportif. Je recommande cette petite pépite.
Par Véronique Vilard